Programme des quartiers de « Nice Autrement »
Cette synthèse reprend exclusivement les problèmes récurrents à l’échelle de la ville et les solutions les plus souvent proposées, le but de la lecture des questionnaires étant double : elle permet, à la fois, de localiser les problèmes dans l’espace, et de se faire une idée des aspirations communes à l’ensemble des Niçois. Cette synthèse générale se concentre sur le second objectif.
D’un point de vue général, il se dégage des réponses apportées l’impression que les Niçois sont “perdus” et subissent plus qu’ils n’accompagnent la ville dans son existence et ses changements.
Les habitants ayant répondu à ces questionnaires sont unanimement favorables aux principes de la démocratie participative, qu’ils ne voient pas seulement comme un espace de débat sur les grandes orientations politiques ou sur les décisions plus locales concernant un seul quartier, mais aussi comme un instrument de l’exécution des politiques décidées. En même temps qu’ils approuvent fortement l’envoi de questionnaires et réclament davantage de débats, ils souhaitent également le plus grand investissement des élus sur le terrain et un renforcement de la présence des services municipaux : ce sont les mêmes personnes qui, dans leurs réponses, demandent ET une plus grande participation citoyenne ET une meilleure communication entre citoyens et services publics.
Les personnes ayant répondu aux questionnaires ont fait le plus souvent preuve d’une indéniable maturité et d’une bonne connaissance de la vie publique : pratiquement aucun questionnaire renvoyé ne pratiquait la confusion entre les enjeux locaux et nationaux, La quasi-totalité des problèmes soulevés et des propositions faites correspondent aux domaines de compétence d’une municipalité : les Niçois demandent au candidat à la Mairie de réparer la cohésion sociale, pas de s’opposer à la guerre en Irak, ou encore de réinstaurer une police de proximité et non de créer un projet alternatif à la rétention de sûreté.
De même, les propositions sont, dans la quasi-totalité des cas, des propositions modérées : si la délinquance est l’un des problèmes les plus souvent soulevés, les personnes insistant sur ce sujet l’accompagnent de demandes d’une police de proximité, d’antennes chargées de l’écoute des habitants des quartiers, d’une maîtrise de leur terrain de la part des services de police et non d’opération de type Villiers-le-Bel.
TRANSPORTS – CIRCULATION – STATIONNEMENT
1) Les problèmes les plus soulevés concernent la circulation, et notamment la grande désorganisation de tous les réseaux de transports (voies de circulations, transports en commun) consécutifs aux travaux du tramway. Si aucun questionnaire renvoyé ne critiquait l’ouvrage en lui-même, nombreux sont ceux qui pointent le nombre important de « dégâts collatéraux » au chantier (changement des sens de circulation, passage des bus dans des petites rues, modifications peu opportunes des lignes, synchronisation des feux à revoir, etc.) et qui rappellent que la ligne unique (et incomplète) mise en service ne saurait suffire à un réseau de transports en commun chargé de transporter plusieurs centaines de milliers d’individus chaque jour.
Des demandes très fortes ont été formulées à ce sujet : elles concernent une meilleure organisation du réseau de bus de ville et une augmentation de la fréquence des bus.
2) Parallèlement, les quartiers périphériques, souvent non concernés directement par le chantier du tramway, réclament eux aussi un maillage mieux organisé et plus dense de leurs territoires par les bus, car d’importants problèmes d’enclavement persistent. Les habitants des quartiers « sensibles » de la périphérie comme les habitants des quartiers pavillonnaires aisés situés dans les collines sur les bords de la commune subissent les mêmes difficultés à ce sujet.
3) Liée à ces problèmes de circulation, l’accessibilité pour les personnes âgées ou handicapées est l’un des problèmes les plus soulevés ; la difficulté de se déplacer sur les voies pour piétons, de traverser les rues, de rentrer dans les véhicules de transports en commun, la difficulté pour les handicapés moteurs d’accéder à leur lieu de travail et pour tous à certains commerces est l’un des sujets récurrents des renvois de questionnaires.
4) Parmi les autres problèmes concernant la circulation, on trouve également « l’incivilité routière » : conduite dangereuse de la part des deux roues, mais aussi des voitures, code de la route souvent enfreint, ce qui augmente le danger subi par les piétons et les cyclistes, le stationnement en double file rendant encore plus difficile la circulation en ville…
5) Le manque de parking est criant et se retrouve dans 80% des quartiers d’où sont venues des réponses, de même que les manques concernant les pistes cyclables et le réseau de bus : ces manques cumulés limitent les possibilités de moyens alternatifs à la voiture et aggravent d’autant plus les difficultés de circulation.
PROPRETÉ
Toujours au niveau des rues de la ville, les problèmes de propreté sont pointés dans l’ensemble des quartiers : la saleté des rues, la mauvaise organisation des services du nettoiement sont bien évidemment citées, mais aussi l’existence de nombreuses décharges sauvages situées à proximité des zones habitées. On trouve, bien entendu, une meilleure organisation des services du nettoiement dans les propositions faites, mais sont aussi pointés le manque de “containers” pour les ordures et le fait que le tri sélectif ne soit pas encore systématique. De plus, plusieurs questionnaires ont proposé la mise en place de campagnes d’information concernant la propreté, à la fois pour responsabiliser les habitants indélicats de la ville, mais aussi pour les informer sur l’ensemble des services existants.
Toujours au chapitre de la propreté, les déjections canines sont bien sûr un problème parmi les plus cités, et les propositions faites à se sujet sont de même nature que celles concernant les problèmes généraux de propreté.
La saleté des rues n’est pas le seul problème « environnemental ». Nice, connue comme étant une ville touristique, possède malgré tout un grand nombre d’activités polluantes : le port, l’aéroport et les principaux axes routiers sont bien entendu polluants, par les rejets de fumées et le bruit qu’ils génèrent, mais la ville compte encore un certain nombre d’entreprises (ateliers, garages, etc.) dont la présence peut être mal supportée par le voisinage. Là encore, les solutions proposées étaient pour l’essentiel modérées : très peu réclament le « bannissement » de ces activités dans d’autres endroits, et beaucoup demandent un surplus de soins (meilleure isolation phonique, entretien des bâtiments plus fréquent, diminution maximale des rejets de polluants dans l’air et l’eau dans la limite de la technologie disponible) pour les quartiers concernés par ces gênes supplémentaires.
Les jardins et parcs publics ont souvent été cités dans les questionnaires, et le reproche récurrent lu à leur sujet est celui d’un abandon, d’un manque d’entretien des espaces verts existants, parfois accompagné d’un reproche concernant la trop forte concentration du bâti dans certains quartiers.
TISSU ECONOMIQUE/EQUIPEMENTS DE PROXIMITE
Un autre problème pointé est celui de la diminution des petits commerces et le déclin des cités et des quartiers marchands. Ce reproche ne se trouve pas à proximité des quartiers marchands des quatre cantons du centre ville. C’est à partir du quartier de la Buffa, et jusqu’aux périphéries de la ville que le manque de commerces se fait sentir. Comme pour l’enclavement des quartiers, habitants des quartiers pauvres et habitants de la périphérie aisée se plaignent ici aussi des mêmes problèmes. Cette diminution de commerces n’est pas seulement alimentaire (il existe un déficit de banques dans les quartiers périphériques) et s’accompagne assez souvent d’une diminution simultanée des services publics (bureaux de poste, crèches…).
SECURITÉ
Enfin, les questions d’insécurité sont parmi les plus soulevées, mais là encore, les personnes ayant renvoyés les questionnaires ont fait montre de peu de goût pour les réponses violentes et/ou bruyantes. Le retour de la police de proximité est l’une des propositions les plus unanimement partagées de même que l’augmentation des antennes de police, voire la spécialisation d’unités à certaines tâches nécessaires dans certains quartiers (lutte contre l’incivilité routière, contre les vols à la tire, etc.), ainsi que l’installation de véritables gardiens d’immeubles dans quelques bâtiments par trop négligés. De manière générale, il en ressort la demande d’une police plutôt savante (connaissant le terrain) et efficace (prompte à intervenir) que visible, et n’ayant pas seule la charge de maintenir la paix sociale. Souvent, ces demandes d’une meilleure présence policière s’associent à la demande de structures favorisant la cohésion des quartiers : retour des centres de loisirs, des centres culturels, possibilité d’avoir aisément accès au sport, d’organiser des événements donnant aux habitants l’occasion de se retrouver, etc… sans compter le désir de certains quartiers de connaître une véritable rénovation ou un embellissement.
CONCLUSION
En conclusion, il est possible d’affirmer plusieurs choses:
1. Les Niçois ont le désir de s’exprimer pour peu qu’on leur en donne l’occasion.
2. Il est indéniable que l’avis de la population mérite d’être pris au sérieux : les réponses fantaisistes, ou racistes, ou agressives ne représentent qu’une part négligeable des questionnaires renvoyés.
3. Bien que l’opinion sur l’état de leur ville et de leur quartier soit souvent pessimiste, les personnes ayant répondu au questionnaire se disaient en majorité attachées à leur ville, à leur quartier, et montraient un souhait sincère de participer à l’amélioration de leur cadre de vie.
4. Un grand nombre de problèmes notés existaient déjà il y a sept ans et n’ont pas été traités ou l’ont été de manière superficielle (notamment les problèmes de sécurité) ; certains se sont même aggravés (la circulation) du fait du manque de prévision des autorités en place.
Ces points apportent la démonstration de la grande utilité de cette démarche (notre programme reprend de nombreuses propositions figurant dans les réponses aux questionnaires ou exprimées lors des réunions de quartier) et la nécessité d’institutionnaliser la participation citoyenne à la politique, y compris et surtout en dehors des périodes électorales.







mars 1, 2008 à 9:35
UNE SYNTHESE QUI REPREND FORMIDABLEMENT LES ATTENTES DES NICOIS QUELS QUE SOIENT LEURS SECTEURS GEOGRAPHIQUES.
BRAVO MR MOTTARD QUE LA VICTOIRE SOIT AU RENDEZ VOUS!
J’AI D’AILLEURS APPRECIE VOS PROPOSITIONS SUR LA RADIO BLEU AZUR DE CETTE SEMAINE.